Quantcast
Lundi 1 avril 2013 1 01 /04 /Avr /2013 19:57
Je ne connaissais pas Marc Beltra.
Je suis pourtant l’actualité, je lis beaucoup de journaux, de magazines, mais son histoire m’avait échappé.
C’est le premier mérite du dernier ouvrage de Mathieu Simonet : « Marc Beltra : roman autour d’une disparition » : nous reparler de ce jeune homme disparu en décembre 2003 à la frontière du Brésil, du Pérou et de la Colombie.
Marc Beltra avait 20 ans.
Il était parti au Brésil dans le cadre d’un échange universitaire.
Pour les vacances, il avait le projet d’explorer la forêt amazonienne.
Le livre de Mathieu Simonet paraît pour l’anniversaire des 30 ans de Marc Beltra.
Il y relate les années de recherches, l’enquête, sur place, de la brigade criminelle et livre le témoignage de ceux qui ont croisé Marc au Brésil, mais aussi de ses proches, du juge chargé de l’enquête.
Il ne cache rien des doutes, des espoirs, des interrogations de la famille sur l’opportunité de médiatiser cette disparition afin de faire bouger les gouvernants et l’opinion publique dont les regards sont, à l’époque, tournés vers Ingrid Betancourt, otage des Farc.
Une chanson sera d’ailleurs écrite par Jean-Jacques Nyssen et interprétée par Clarika  (cf vidéo ci-dessous).
Mais le livre de Mathieu Simonet est plus qu’un recueil de témoignages et d’initiatives.
Sa force réside dans la réflexion de l’auteur sur sa propre démarche d’écriture, sur son rapport à la vérité.
Mathieu Simonet sait dire les résonances que cette affaire a eu dans sa propre vie et dans celle de chacun des protagonistes, tel Alexandre, un ancien policier du quai des orfèvres ou Michel, l’oncle de Marc.
Cette intimité, il la dévoile dans un style direct, résolument vivant.
L’ouvrage est comme un collage de ressentis, on y retrouve des échanges de mails, des témoignages, des pensées, des rêves et, comme un cœur régulier, des extraits du journal intime de Françoise, la  mère de Marc Beltra.
J’ai été touché par le passage dans lequel Rafaël, le dernier amoureux de Marc, évoque cette vision qu’il a eue après avoir bu de l’ayahuasca, une boisson hallucinogène à base de liane : « j’ai vu un arbre, avec un tronc, qui se séparait en deux, puis qui se rejoignait dans le ciel : les deux morceaux du tronc s’enlaçaient dans les cimes. J’ai compris que c’était nous. C’était Marc et moi. »
Je n’ai pas lâché le livre.
Peut être à cause de ce souffle qu’il y a entre chaque ligne. 
Après l’avoir refermé, j’ai contacté un ami qui était au Brésil lorsque Marc Beltra a disparu et j’ai évoqué son nom, au cas où.
Elle est là, la force des mots de Mathieu Simonet : elle incite, elle fédère, elle est utile.
Comme l’auteur, j’ai envie de croire que certains témoins qui liront le livre décideront « de répondre à l’écrivain et non au policier, à l’écrivain et non à l’avocat ».
Pour avancer, pour comprendre.
Car la littérature, c’est aussi cela : l’espoir quand il n’y a plus d’espoir.
 
Alexandre LABORIE

 

"Marco" : cette chanson a été écrite à partir d'une lettre de Michel Olivès, l'oncle de Marc, pour qu'on n'oublie pas son neveu.

Elle est interprétée par Clarika.  

                                                

 
 
 
 Quelques liens...  

 

Site officiel de Mathieu Simonet

 

Page consacrée à l'ouvrage: "Marc BELTRA: roman autour d'une disparition";"

Par laborie.fragments - Publié dans : Lectures - Ecrire un commentaire
Voir les @@7@@ commentaires
Dimanche 17 mars 2013 7 17 /03 /Mars /2013 18:10

Elles se cachent dans les villes 

Dans des rues ignorées des plans 

En haut d’un escalier fragile

A Rio, Séville ou Milan.

 

Bouées des âmes à la mer

Elles connaissent mes errances

Tous mes décors, surtout l’envers

Le doute avant la renaissance

 

Les portes souvent mal fermées

Sont calées par une valise        

Les murs sont un peu abîmés

On ne voit plus la vieille frise

 

Mais je m’y sens bien, à l’abri

Aux heures grises, aux heures graves

Aux heures où mon cœur s'assombrit.

Ce sont mes recours, mes enclaves.

 

Il y a toujours un bureau

Des feuilles qui attendent l’heure

Où viendront se coucher les mots

L’esprit de tous les voyageurs.

 

Dans le silence des néons

Lorsque plus aucun chat ne miaule

Un peu paumé, sans horizon

Je m’en vais retrouver mes piaules.

 

 

Alexandre LABORIE

Toulouse, mars 2013

Par laborie.fragments - Publié dans : Poésies - Ecrire un commentaire
Voir les @@7@@ commentaires
Mardi 8 janvier 2013 2 08 /01 /Jan /2013 22:27

En parlant avec Xavier BELROSE, lors de notre première rencontre à Paris, j’ai été frappé par une chose : la richesse de ses influences musicales : la chanson française (je me souviens que nous avions beaucoup parlé de Claude Nougaro), la musique Noire Américaine, le jazz.

C’est d’ailleurs grâce à lui que j’ai découvert le terme de « nu jazz », apparu dans les années 90 et désignant un style musical mariant jazz, funk, soul, et associant musique électronique et improvisation libre.

A cette richesse des influences répond la diversité de son talent.

Xavier BELROSE est en effet un artiste complet, multi-instrumentiste (il découvre et pratique le piano très tôt par tradition familiale), auteur, compositeur, arrangeur.

A l'adolescence c'est dans la new soul et le hip-hop qu'il puise l'envie de créer, inspiré par les producteurs et MCs des années 90, il s'essaye ainsi au chant, au rap, à l'écriture et au « beatmaking ».

J’ai eu la chance de participer à son premier album,"Jardin Public", composé de dix titres et vous invite donc à le découvrir.

 

Pour écouter et acheter l’album, voici le lien : "Jardin Public"

 

Vous pouvez aussi découvrir le Site officiel de Xavier Belrose

 

 

 

 

 

 

XB.jpg

Par laborie.fragments - Publié dans : Chansons - Ecrire un commentaire
Voir les @@7@@ commentaires - Communauté : partage
Mardi 8 janvier 2013 2 08 /01 /Jan /2013 22:17

J’allais sur les hauteurs pour observer la ville
Je l’entendais gémir au tout petit matin
Quittant sa courte nuit, ses illusions fragiles
La brume l’entraînait vers un jour incertain.

Des milliers de néons éclairaient les cuisines
Où des travailleurs, seuls, soufflaient sur leurs cafés
Devant des murs trop gris qui recueillaient leur spleen
Je percevais l’écho des âmes assoiffées

Cortège lumineux de l’exil quotidien
Les voitures prenaient toujours la même route
Dans les rues, le silence avait, je m’en souviens
Le goût du temps qui passe en un lent goutte à goutte

 

Contemplant ce décor, paysage étouffant
Je rêvais d’un ailleurs, je rêvais de partir
Marcher sur une plage où de nombreux enfants
Sur le sable, en courant, dessinent des sourires.

 

Alexandre LABORIE

Par laborie.fragments - Publié dans : Poésies - Ecrire un commentaire
Voir les @@7@@ commentaires
Samedi 24 novembre 2012 6 24 /11 /Nov /2012 00:07

Mathieu Simonet est l'auteur des "Carnets blancs" (Seuil, 2010), de "Fou de Vincent, 1990-2011" (Léo Scheer, 2011), des Corps fermés (Emoticourt, 2012) et de La Maternité (Seuil, 2012).

Chaque projet d’écriture est pour lui l’occasion d’aller vers les autres, d’inventer des « dispositifs ludiques » pour les écouter, les questionner.

Evoquant ses ouvrages, il parle souvent d’un travail de collage réunissant l’histoire qu’il veut raconter, la somme de ses interviews et ses nombreuses notes sur des carnets.

Mathieu Simonet est un écrivain sensible (je le perçois comme tel en tout cas) et c’est l’écrivain du sensible.

C’est pour cela que la lecture de ses ouvrages donne à ses lecteurs l’envie de s’exprimer.

Le lire donne envie d’écrire !

Dans le cadre de la sortie de "La Maternité" (Site officiel de Mathieu Simonet ), Mathieu Simonet a proposé à tous ceux qui le souhaitaient d’écrire un texte sur leur mère.

J’ai répondu à cet appel à écriture et vous pouvez découvrir ma contribution (texte N°140) et toutes les autres à cette adresse : La Maternité

Mathieu Simonet est par ailleurs avocat associé du Cabinet 111, spécialisé dans le droit de la propriété intellectuelle - cinéma, édition, art contemporain, publicité, etc.- -( 111 avocats ).

Par laborie.fragments - Ecrire un commentaire
Voir les @@7@@ commentaires - Communauté : partage
Vendredi 16 novembre 2012 5 16 /11 /Nov /2012 13:04

Tous les soirs, je suis sur scène.

Dans l’ombre.

Le public ne me voit pas.

Le public est là pour l’idole.

Moi, mon rôle est précis, simple en apparence, mais important car, pour l’idole, tous les détails comptent.

A la cinquantième minute du show, il doit enlever sa veste.

Cela doit se faire de façon « fluide », selon son expression.

Alors, chaque soir, au milieu d’une chanson, exactement à la cinquantième minute, tout en dansant, il recule vers moi et, d’un geste sec, je lui retire sa veste qui disparaît, comme avalée par les ténèbres des coulisses...

Il revient dans la lumière, ses bras sont dénudés, les jeunes filles se mettent à crier, le public n’y a rien vu, l’effet est garanti.

Je plie la veste et  la donne à Maria, l’assistante fidèle de l’idole, qui part sans tarder la remettre sur un cintre, dans la loge.

Oui, mais voilà.…chaque soir, à la cinquantième minute, la manche de la veste de l’idole bute une seconde sur son poignet.

Une seconde bien trop longue.

A la fin du concert, j’ai peur que l’idole se précipite sur moi pour me reprocher ma maladresse.

Quand je le croise, furtivement, en coulisse, se hâtantvers sa loge, sa serviette bleue autour du cou, toute imprégnée de sueur, j’interprète le moindre de ses regards à ma défaveur.

Petit à petit, c'est devenu une vraie hantise.

N’y tenant plus, j’ai donc décidé d’aller le voir.

Je sais qu’il aime arriver très tôt avant le show et je l’ai attendu devant sa loge.

Il a tout de suite accepté de me recevoir.

 

-         merci de m’accorder un peu de votre temps…voilà….je voulais vous voir pour vous parler de quelque chose qui me stresse énormément.

       Vous vous doutez peut-être de quoi il s’agit ? 

 

-       Attends, qu’est-ce que tu racontes - l’idole me tutoie. moi, je n’y suis jamais arrivé -

      C’est quoi cette histoire, ce rendez-vous, ce stress dont tu me parles ?

      Tu m’inquiètes là, tu as des soucis de santé, c’est ça ? 

 

-          non, pas du tout…c’est juste quelque chose qui m’angoisse et je sais que cela vous énerve aussi. Enfin, je m’en doute et…

 

-           dis-moi de quoi il s’agit, ne tourne pas autour du pot, je t’écoute ! .

 

-          voilà, c’est à propos du changement de veste pendant le concert.. 

 

L’idole a paru décontenancée par ces premières explications et sa surprise s'est affichéesur son visage.

 

-          …quant je vous l’enlève, la manche bute toujours sur votre poignet et je me dis que cela doit vous exaspérer, vous devez me trouver maladroit, je le sens bien… 

 

-          Mais enfin de quoi tu me parles, tout se passe bien pour le changement de veste, tu n’as rien à te reprocher, qu’est-ce que tu es allé te mettre dans la tête ?!! 
Tout va bien je t’assure, d’ailleurs je voulais te remercier car ce changement de costume fait son effet chaque soir, tu entends comme les femmes crient ? 

 

L’idole s’est levée en riant et en claquant sa main sur sa cuisse, puis il m’a lancé : « toi alors, quel original, allez, on va boire quelque chose ! ».

 

Il a ouvert le mini-frigo mis à sa disposition et a saisi deux bières puis, quelques instants après, il a pris congé car il voulait se reposer pour être en forme pour le concert du soir.

 

Après le départ de l’idole, errant sur le grand parking du zénith encore désert, j’ai essayé de chasser cette pensée obsédante, cette petite voix qui voulait me faire honte de m’être angoissé durant des semaines pour rien.

J’ai cru y parvenir et j’ai même goûté une forme d’apaisement, le temps de longer l’allée B2 et sa trentaine de places en épis.

Mais la petite voix est revenue, changeantde stratégie.

Elle m'a dit que j’aurais mieux fait de me taire, qu’en alertant l’idole sur mon appréhension devant le changement de costume de la cinquantième minute, lui qui,jusqu’à présent n’avait rien remarqué, serait désormais, à coup sûr, plus vigilant.

 Et cette idée, de nouveau, m'a angoissé.

 

Alexandre LABORIE

Toulouse, novembre 2012

 

 

Par laborie.fragments - Ecrire un commentaire
Voir les @@7@@ commentaires
Lundi 15 octobre 2012 1 15 /10 /Oct /2012 01:17

Jouer à cœur perdu sa propre mélodie

Pour chercher la beauté fragile des non dits

Sur la bouche un désir qui crie son impatience

N’exister que pour ce bel instant de jouissance.


Sentir sur une peau un passé d’aventures

Vouloir y ajouter ses propres écritures

Découvrir un pays jusque là inconnu

Se réjouir enfin d’y être parvenu.


Se nourrir de ce corps tendu vers le sublime

A la saveur sacrée de ses replis intimes

S’accrocher à son rythme, aller vers l'abandon

Pour toucher la lumière, un rêve de fusion


Se dire qu’il n’est pas encore là le temps

Où l’insidieux démon gâchera ce printemps

Nous laissant seul au monde à ne plus rien comprendre

Avec dans nos bouches cet âpre goût de cendre.

 

 

Alexandre LABORIE
Droits réservés

 

Pour réécouter l'émission "les contes du jour et de la nuit", cliquez sur le lien ci dessous puis sur "(ré)écouter l'émission du 07 mai".

 

 

A cœur perdu... (Partenariat France Musique / Revue Borborygmes)

 

 

 

 

235000164-chronique.jpg

   

     

Par laborie - Publié dans : Publications - Ecrire un commentaire
Voir les @@7@@ commentaires
Mercredi 19 septembre 2012 3 19 /09 /Sep /2012 22:07

 

Juste un regard, à peine une seconde

Voilà ce qu’il reste de toi

C’est bien assez pour m’inventer un monde

Où ce regard serait ma seule loi

 

Juste un regard, comme on lance un appel

Dans une foule indifférente.

Fort, lumineux, précis comme un scalpel.

Le tien me crie des mots qui te tourmentent.

 

Juste un regard, la foudroyante ébauche

D’une vie à portée de cœur

J’y plonge et le désir me fauche.

Quand je t’ai vue, j’ai souri de douleur 

 

Juste un regard, un matin nous sépare

Fin du rêve et de la saison.

D’une plage perdue dans ma mémoire

Je crois te voir, parfois, à l’horizon.

 

Alexandre LABORIE

Toulouse, septembre 2012

Par laborie.fragments - Ecrire un commentaire
Voir les @@7@@ commentaires - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
Lundi 17 septembre 2012 1 17 /09 /Sep /2012 00:00

 

 11-bandeau

 

 

"L'heure bleue" dans les Contes du jour et de la nuit de Véronique SAUGER.

    Musique interprétée par Caroline Arène et Isabelle Gueldry.

Pour réécouter, cliquez sur les liens suivants:

Première partie

Deuxième partie


Texte original: L'heure bleue

Par laborie.fragments - Publié dans : Lectures - Ecrire un commentaire
Voir les @@7@@ commentaires
Vendredi 17 août 2012 5 17 /08 /Août /2012 12:01

numérisation0002

Par laborie.fragments - Publié dans : Publications - Ecrire un commentaire
Voir les @@7@@ commentaires
Mercredi 1 août 2012 3 01 /08 /Août /2012 06:48

 

Je l’aimais, cette photo.

J’en étais fier.

Je voulais la montrer à tout le monde, la brandir, la publier.

Elle était comme une preuve.

La preuve que cet amour existait, respirait.

D’ailleurs, c’était très curieux,  le cliché n’avait pas figé ce souffle, on pouvait le percevoir dans chaque pixel.

C’était une photo vivante, une heureuse surprise.

L’image d’un rêve qui s’était fait chair.

C’est peut être pour cela que j’étais devant elle comme un enfant impressionné par l’histoire qu’on lui raconte.

Mais cette histoire était la nôtre et elle était vraie.

Nous étions couchés sur le sable de cette vaste plage.

Tu avais le bras tendu vers moi et ta main était cachée par la mienne qui la plaquait contre ma poitrine.

Je ne sais plus si j’avais pris ta main ou si c’est toi qui me l’avais donnée.

J’imagine un peu des deux !

Le soleil avait été bien généreux ce jour là et nous profitions de ses ultimes et fragiles rayons.

Un petit vent frais soufflait, mais le sable s’était réchauffé à notre présence et ta main alimentait mon cœur et tout mon corps d’une chaleur discrète, attentive.

Alors, j’ai fermé les yeux.
Et j’ai pensé que j’étais heureux.
Puis, le temps a passé, le travail a repris, les journées sans surprise, avec leurs gestes répétés, assimilés, accomplis à la perfection.
Mais tout était différent, grâce aux douces parenthèses, au milieu de la semaine, où nous nous retrouvions.
J’aimais arriver chez toi.
Prendre quelques secondes avant de sonner.
Le temps de sentir ta présence derrière la porte, de distinguer une musique, de t’imaginer dans ton appartement,  occupé à ranger quelques affaires dans le salon, à arroser tes plantes sur la terrasse, à prendre une douche.
J’avais un peu peur de venir perturber ce quotidien.
Parfois, la minuterie du couloir s’arrêtait et me plongeait dans le noir.
J’avais l’impression d’être sur scène avant que le rideau ne se lève et j’aimais ce mélange de trac et d’excitation.
Mais aucun rôle ici, pas de texte appris par cœur.
Juste un instinct, un désir.
La porte s’ouvrait.
Nous étions acteurs et spectateurs de nos retrouvailles.

J’aimais cette manière que nous avions de nous jauger, de nous regarder nous avancer l’un vers l’autre, sourire en coin, comme si nous voulions feindre un certain détachement devant nos sentiments.

Pourtant, nos yeux ne laissaient pas la moindre ambiguïté sur ce qui se jouait entre nous .

Tu étais surpris, un peu dépassé par ton désir et cela te rendait encore plus beau.

Souvent, je me mettais devant la fenêtre de la cuisine et je regardais la ville, les immeubles, les grues des chantiers, le petit jardin des deux voisins de la rue d’en face dont nous nous moquions parfois. 

J’aime la douceur de la ville en fin de journée.

Le bruit des voitures est toujours plus doux, le soir, lorsque les gens rentrent chez eux.

 J’observais le soleil qui s’en allait tandis que tu venais me surprendre en te serrant délicatement contre mon dos et en posant ta tête au creux de mon épaule.

Je respirais lentement cet instant-là.

Encore aujourd’hui, il m’arrive d’y reprendre mon souffle.

Car les moments de plénitude ne meurent pas.

Les êtres qui se séparent peuvent bien choisir l’indifférence, mais l’amour reçu et donné continue de vivre, dans un monde parallèle qui nous survit.

Je mesure ma chance d’avoir réalisé cela grâce à toi.

Voilà pourquoi j’avance, sans regret, sans nostalgie, avec une envie d’aimer plus forte encore.

Maintenant que je sais que c’est possible.

J’attends le moment où je pourrai de nouveau respirer des instants comme ceux-là et y être présent, pleinement.

Sans peur.

Etre  heureux.

Comme chez toi … Comme sur la photo…

 

Alexandre LABORIE

 

 

 

Par laborie.fragments - Publié dans : Récits - Ecrire un commentaire
Voir les @@7@@ commentaires
Lundi 30 juillet 2012 1 30 /07 /Juil /2012 23:31

Nous ne le savions pas encore mais c’était notre dernier voyage ensemble.

Rome.
La pluie nous avait surpris en cette fin de matinée au cœur du Trastevere.

Nous avions trouvé refuge dans un restaurant, sous une modeste terrasse, couverte d’une bâche, installée à même la rue.

Comme par défi envers ce ciel tourmenté, nous nous y sommes installés.

Mais le torrent ne s’arrêtait pas et quelques gouttes venaient tinter sur nos assiettes.

Le repas terminé, nous avons couru sous l’averse, comme deux enfants, sourire aux lèvres jusqu’à l’hôtel, à côté du Campo dei Fiori.
Nous qui marchions depuis des jours, du petit matin jusqu’au soir, nous étions condamnés soudain à l’immobilité.
L’un à côté de l’autre, dans la chambre, nous nous sommes assoupis.
Au cours de la sieste, je me suis réveillé, je me sentais un peu coupable de rester enfermé alors qu’il y avait tant de belles choses à voir dans la ville.
Ton visage endormi exprimait une tristesse dont je me savais la cause.

Le sommeil t’avait saisie juste avant que les larmes ne viennent. 

Tu t’étais réfugiée en lui.

L’orage s’est installé dans le ciel, violent.

La noirceur a envahi les rues vides. 

La ville s’est tue en fermant ses volets.

Rester à l’abri était la seule chose à faire.

Ma culpabilité a vite disparu.

Elle a laissé place à ce petit plaisir que l’on éprouve lorsque l’on est confortablement installé et que l’on voit les éléments se déchaîner.

Ce tonnerre furieux et régulier a fini par me bercer et j’ai sombré de nouveau.

Nous avons rouvert les yeux en même temps.

Qu’il était doux ce réveil.

Nous étions surpris d'avoir dormi si longtemps et impatients de répondre à l’appel que nous entendions dehors.

Celui des pas sur les pavés, des premières bribes de conversations des passants qui parvenaient jusqu’à nous, des rires d’enfants, des klaxons de voitures.

Un fin rayon de soleil perçait à travers le rideau mal fermé.

Il éclairait la petite table de l’entrée sur laquelle nous avions jeté, en hâte, le contenu de nos poches trempées.

La vie avait repris.  Il était temps de repartir.

Quittant le silence de la chambre, nous avons été saisis par l’effervescence qui régnait dans la rue.

D'abord engourdis, nous avons peu à peu retrouvé nos réflexes, notre pas a repris son rythme, nous étions prêts de nouveau à nous perdre.
Le soleil prenait son temps avant de se coucher.

Ses derniers rayons faisaient briller les gouttes de pluie encore présentes sur les pavés, transformant chacune d’elles en autant de petits soleils éclairant la route des promeneurs.

C’était comme un second matin, une seconde chance donnée à cette journée.

La grand-mère du magasin de souvenirs ressortait son présentoir à roulette recouvert de cartes postales.
Elle le tirait avec empressement et les roulettes butaient sur les pavés, menaçant à chaque instant de faire tomber les cartes qui s’étaient déjà mélangées et formaient un éventail anarchique.

Un jeune serveur nettoyait énergiquement les quelques tables de la terrasse d’une pizzeria.

Pendant ce temps, son patron, debout devant l’entrée, hélait un de ses amis et se lançait dans une conversation bruyante, accompagnée de grands gestes désordonnés.

Nous avons pris des chemins de traverses, parcouru, seuls, quelques rues, puis, dans l’une d’elles, nous avons retrouvé la foule.
Elle nous a porté jusqu’à la place Navona, cette place que tu aimes tant.
Le soir naissant était empreint d'une effervescence d'après déluge.

Etudiants, chanteurs, touristes, musiciens s’étaient donné rendez-vous autour de la « Fontana dei Quattro Fiumi».

Sous l’œil des statuts du Bernin, les enfants zigzaguaient entre les dernières flaques d’eau tout en observant, intrigués, les objets fluorescents en forme de papillons que des marchands ambulants lançaient dans les airs.

Plus loin, leurs parents, assis aux terrasses des restaurants, assistaient, distraits, à la scène.

Nous faisions le tour de la place, chacun à notre rythme.
Je m’arrêtais pour observer un « homme statue » qui faisait un clin d’œil à chaque fois qu’un gosse lançait une pièce dans le chapeau qu’il avait déposé à ses pieds.
Pendant ce temps, tu avançais.
Puis c’était à ton tour de ralentir pour essayer de capter les bribes de conversation d’un groupe de filles qui semblaient s’intéresser aux garçons assis sur les barrières du trottoir d’en face.
Ainsi, nous finissions toujours par nous rejoindre.
Cette fois-ci, lorsque cela s’est produit, sans nous concerter, nous nous sommes dirigés vers une porte entrouverte, laissant s’échapper une lumière chaude, dorée.
Happés par cette lueur, nous avons grimpé quelques marches pour accéder à l’entrée du bâtiment.
Au fur et à mesure que nous nous approchions, nous distinguions quelques notes de musiques qui s’échappaient de l’intérieur et lorsque nous sommes arrivés en haut, nous avons découvert qu’il s’agissait d’une église.
Nous sommes entrés.
Il y avait, devant la porte, une armée de parapluies mal alignés, fripés et ruisselants.

Plus loin, c'était le silence.
Un silence musical, porté par la foi des quelques personnes qui se recueillaient et par les voix des chants religieux.
Un silence qui ne fait pas peur. 
Du marbre de l’autel aux fresques baroques de la coupole, il donnait à voir un monde apaisé et rassurant.
Je suis resté debout, pas loin de l’entrée, en équilibre entre ces deux univers.

Un simple pas en arrière et les clameurs du dehors prenaient le dessus.
Un pas en avant et c’était le recueillement.

Nourri  de ces deux mondes, je me créais le mien, toujours guidé par ma quête d’harmonie.

Je t’observais.
Tu semblais libérée de toute peur et de toute tristesse.
C'était comme un instant de trêve où les armes sont déposées, les armures rangées pour laisser la place à la confiance.

Un de ces instants où l’on sait que rien de mal ne peut nous arriver.

Ton regard se promenait calmement dans l’église, s’arrêtant parfois sur une vieille dame en train de se recueillir ou sur ce jeune homme qui s’était soudain détaché de la chorale pour jouer du violon.

Tu l’observais attentivement.

Soudain, tes yeux ont furtivement croisé les miens.

Tu as eu l’air surpris.

Tu m’as souri avant de te retourner pour continuer à écouter le jeune musicien.

A quoi pensais-tu ?

Je ne le sais pas.

Moi, je me disais tout simplement que j’étais bien, heureux.

J’étais dans l’instant, j’étais l’instant lui-même.

Le présent, pleinement.
En paix.
Et cette paix là, je ne l’ai pas retrouvée depuis. 

 

 

Alexandre LABORIE

Toulouse, Juillet 2012

Par laborie.fragments - Publié dans : Récits - Ecrire un commentaire
Voir les @@7@@ commentaires - Communauté : A l'ombre des mots
Mardi 17 juillet 2012 2 17 /07 /Juil /2012 20:58

Barcelone (Textes par Alexandre Laborie & Musique et chant: Kentin Jivek)

 

 

Barcelone by Alexandre Laborie et Kentin Jivek

 

 

Pour découvrir l'univers de Kentin Jivek, quelques liens:

 


http://www.kentinjivek.com

 

 

 

 

http://soundcloud.com/kentin-jivek

Par laborie.fragments - Ecrire un commentaire
Voir les @@7@@ commentaires
Vendredi 22 juin 2012 5 22 /06 /Juin /2012 18:52

Au minimum (Alexandre LABORIE / Kentin JIVEK) by Alexandre Laborie

Par laborie.fragments - Publié dans : Chansons - Ecrire un commentaire
Voir les @@7@@ commentaires
Vendredi 22 juin 2012 5 22 /06 /Juin /2012 17:36

Je souhaite vous présenter la Compagnie "Ecoutez-Voir" dont je fais partie et pour laquelle j'ai écrit "la planète blanche": un conte musical, tout public, pour deux percussionnistes et une chanteuse.

La musique est composée par le talentueux Benoît Barrail.

Cette aventure est une belle histoire d'amitié qui réunie sur scène Lucas MAZERES (Théâtre et Orchestre National du Capitole, Orchestre Philharmonique du Maroc...), Guillaume ITIER (percussionniste de l’Orchestre National de Lyon) et Anne Laure TOUYA (ensemble Rues de Seine, Balkan Project, Quartet Sfora).

 

Notre site internet vient d'être mis à jour.

Vous y trouverez des photos, la biographie des artistes, des articles de presse, un large extrait vidéo ainsi que des extraits des chansons (rubrique MEDIA)

Voici l'adresse: www.ecoutezvoir.net

 

Par ailleurs, sachez que nous sommes à la recherche de lieux pour jouer ce spectacle. Si vous avez des idées, n'hésitez pas à m'en faire part !!

 

A bientôt

Alexandre

 

ev24130 1228482 2764902 n

 1eCA4ZGNCN

 

2e image-copie-1

 

Marielle Pécon / Yellgraphik Graphiste Freelance www.yellgraphik.com

Par laborie.fragments - Publié dans : Conte musical - Ecrire un commentaire
Voir les @@7@@ commentaires

Derniers Commentaires

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Mai 2013
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés